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Les vêtements de travail VETRA

En puisant dans les racines de la marque,

fondée par notre arrière grand-père en 1927 à Paris,

nous retraçons, à travers ce site, l'histoire des vêtements VETRA : vêtements de tous les jours et d'aujourd'hui.

Richard & Edouard BEERENS

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LA SAGA D'UNE FAMILLE

Edouard Beerens dans son atelier en 1938

EN SAVOIR +

La saga d’une famille

 

La famille Beerens est établie dans les années 1920 à Paris. Edouard reçoit en cadeau de mariage, la fabrique de tabliers et blouses de sa mère. L’atelier est situé à Paris,  3 rue de Bretonvilliers sur l’île Saint Louis (IVème arrondissement) où sera créée la marque VETRA en 1927.

 

Edouard développe les vêtements de travail pour homme, mais les locaux deviennent rapidement trop étroits. Aussi en 1930, l’entreprise déménage à Lambersart (banlieue de Lille) au 100 rue du Bourg. Il s’occupe du design, de la fabrication et de la commercialisation tandis que sa femme Constance gère les expéditions.

La fabrication s’effectuait à la fois dans l’atelier et à domicile chez les ouvrières auxquelles on apportait le tissu coupé et les fournitures. Des sous-traitants à Merville et Estaires renforçaient la capacité de production.

 

En 1939, l’entreprise est réquisitionnée pour fabriquer des uniformes pour l’armée française. Le 19 mai 1940, Edouard saborde son usine et taillade les uniformes avec son sabre de coupe pour que l’armée nazie ne puisse s’en servir. L’exode ne permet d’emporter que le minimum. Il choisit d’emporter sa machine la plus chère dans la remorque accrochée à sa voiture : une machine à boutonnière de marque REECE - qui finira sa carrière en 2010 avec 895.000.000 d’opérations effectuées au compteur !

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Richard et Edouard la 4ème génération

 

Après un long exode, la famille arrive, au hasard de son périple, au Lude en 1940 et s’y installe. Bien que recherché par la Gestapo, Edouard ne se contente pas de remonter son entreprise  mais fabrique aussi… des tenues pour les FFI ( l’une d’elles est exposée au musée Roger Bellon).

 

En 1945, Janine, sa fille aînée, rejoint l’entreprise « pour quelques mois »… en fait elle occupera le poste de directeur financier puis directeur général pendant 54 ans !

 

Claude, son fils cadet, intègre l’entreprise en 1950, après ses études d’ingénieur à l’Ecole Supérieure des Industries du Vêtement de PARIS. Directeur de fabrication, puis P.D.G., il rationalisera la production, notamment avec le système Kanban créé par Toyota, et augmentera constamment la capacité jusque dans les années 1980, tout en veillant toujours à réaliser la meilleure qualité.

 

Patrick, son petit-fils, rejoint la société en 1988. Il introduit des produits actualisés, en partenariat avec ses agents au Japon, tout en reprenant tous les codes des vêtements de travail authentiques VETRA, qui induisent ainsi un important développement de l’activité à l’export.

LA MARQUE

Claude Beerens mannequin pour VETRA en 1939

EN SAVOIR +

L'histoire de la marque

 

 

La marque VETRA est née à Paris en 1927. Edouard Beerens a dessiné le logo VETRA en rouge avec un bâtiment d’usine schématisé en fond, reproduit sur les vignettes actuelles. Les noms de marques de vêtements de travail étaient souvent écrits en rouge au début du XXème siècle car elles s’adressaient à la classe ouvrière. 

 

Le nom de VETRA a été composé simplement des abréviations VETements de TRAvail. L’utilisation de deux syllabes permet une mémorisation facile de la marque et une efficacité synthétique avec cinq lettres.

 

La couleur du logo a changé avec le temps. En effet, les vêtements en coton/lin et pur coton hydrone ont pris le pas sur les vêtements noirs dans les années 1950. Le logo VETRA est ainsi devenu naturellement bleu pour symboliser cette mutation. Un logo bleu qui va s’éclaircir lorsque le coloris bleu bugatti supplante dans les années 70 le traditionnel bleu hydone si spécifique au vêtement de travail français. Parallèlement un logo au fil doré est apposé sur les articles les plus qualitatifs (moleskine, croisé très lourd et résistant…) de la gamme.

 

Les slogans de la marque ont toujours mis en avant le positionnement haut de gamme de la fabrication et le fait que les articles étaient parfaitement coupés :

 

VETRA PLUS LONGTEMPS TIENDRA

VETRA LE VETEMENT QUI VA

VETRA L’HABILLEUR DU PROFESSIONNEL

 

 

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C’est ce qui vaudra également à la marque d’être portée dans des films connus sans avoir à participer financièrement à cette promotion.

 

La marque VETRA a établi des relations de confiance mutuelle avec ses clients et ses fournisseurs. Elle a été diffusée essentiellement à travers un réseau de boutiques spécialisées et auprès d’entreprises industrielles pendant plusieurs décennies. Les utilisateurs étaient  fiers de porter les vêtements VETRA. Après les évènements de 1968, certains acheteurs et ouvriers profiteront de l’obligation de fournir des vêtements de travail par l’entreprise, pour inclure dans des accords d’entreprises l’obligation de fournir des vêtements VETRA ! …

 

Le travail avait une forte valeur de reconnaissance et le vêtement de travail et professionnel signifiait l’appartenance à une profession spécifique. Ceci évoluera vers une personnalisation des vêtements aux couleurs de l’entreprise ou des collectivités employant des salariés.

 

Si VETRA a toujours fabriqué des vêtements de travail, l’entreprise a également produit des jeans en denim. En 1964, une possible joint-venture avec l’américain LEE achoppera sur la question de la majorité de parts que chacun voulait à 51% …

 

La gamme de produits et de tissus s’est étoffée à partir du milieu des années 90 avec les articles iconiques de la marque réinterprétés avec nos agents et clients au Japon, tout en conservant leur authenticité.

L'ATELIER

Vue partielle de l'atelier VETRA aujourd'hui

EN SAVOIR +

L'Atelier

 

VETRA a, depuis son origine à Paris, été une marque de fabricant.

 

L’atelier est ainsi indissociable de la marque VETRA de la famille BEERENS.

Dans le nord de la France, la fabrique se trouvait, comme souvent à l’époque, dans le prolongement de la maison. A tel point, qu’au fur et à mesure de l’expansion de l’activité, les bâtiments de l’atelier empiétaient toujours plus sur le jardin.

 

La production repartit de zéro en 1941 au Lude, rue du Château.

La rareté des matières premières fut un problème aussi crucial que la difficulté évidente de rester en contact avec les clients dont la principale préoccupation était de survivre. L’atelier fabriqua néanmoins les vêtements de base en moleskine et en croisé, et aussi en tissus dossés en mélange de coton et lin.

 

En 1956, Edouard acquit un nouveau bâtiment qui avait été au début du siècle une fabrique de chaussons puis une minoterie.

La maison d’habitation de Claude était cette fois intégrée à l’usine puisqu’elle était constituée des bâtiments de l’atelier.

 

Entre 1956 et 1966, les bâtiments sont agrandis et l’atelier triplera de surface.

 

Atelier du Lude en 1958

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En 1964, l’atelier du Lude connaît une limite à son développement non plus à cause de sa surface mais du fait du manque de main d’œuvre alors que les ouvrières viennent déjà d’un rayon de plus de vingt kilomètres.

Une nouvelle usine fut ainsi construite dans le département limitrophe du Maine et Loire à Noyant.

Dans ce nouvel atelier, Claude Beerens mit en place un convoyeur avec bacs et appliqua les principes d’organisation des flux du modèle KANBAN de Toyota. Les distributions du travail au poste sont effectuées automatiquement par le convoyeur pour limiter les temps de manutention, en fonction de la gamme opératoire des différents produits.

 

La fabrication des jeans (Beerens’ Pants) était un pilier de la production.

Les années 70 correspondirent au plus fort de l’activité. L’entreprise fabriqua plus de 600.000 articles par an, dont la majorité de vêtements pour homme.

 

La confection, jusque dans les années 80, était une activité industrielle dans laquelle la concurrence se faisait essentiellement entre acteurs nationaux et où les gagnants étaient ceux qui avaient le plus de savoir-faire technique et étaient les mieux organisés.

 

Le nouveau millénaire changera complètement la donne avec une concurrence internationale venant des pays à faible coût de main d’œuvre. L’avenir pour le vêtement de travail fabriqué en France passe désormais par quelques rares entreprises de taille plus artisanale qu’industrielle. 

L'international 

Stand VETRA au salon de 1983

EN SAVOIR +

L'International

 

 

 

La notoriété de la marque VETRA avait dépassé les frontières de l’hexagone dans les années 50 grâce à ses clients distributeurs ou entreprises (compagnies aériennes, pétrolières …). Les exportations sont essentiellement à destination des pays francophones dans les années 50-60 dans les mêmes gammes de vêtements et de tissus que pour le marché français.

 

Dans les années 60-70, les pays européens, et notamment la Belgique, prennent le relais. Les vêtements VETRA en croisé chaîne retors lourds 100% coton sont les plus appréciés pour leur qualité, d’autant que la tradition en dehors de la France est d’utiliser des sergés chaîne simple qui sont structurellement moins résistants.

 

Dans les années 70-80, la nouvelle frontière sera les USA, et plus particulièrement à New York, en exportant des combinaisons et des cottes-bretelles en tout coton, détournées de leur fonction première de protection pour être portées par des teen-agers qui recherchent la transgression des codes à travers des vêtements sur-teints en couleurs vives ou pastels.

 

Le développement le plus intéressant et le plus significatif à l’export commence dans les années 90 car il met en valeur toute l’authenticité de la marque VETRA et le savoir-faire de l’entreprise.

 
 
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Après avoir été repérée pour la qualité de sa fabrication, la justesse de ses coupes, et son authenticité, par un acheteur d’un magasin très réputé japonais au début des années 90, la société s’appuie sur son partenaire Boy’s Co. au Japon pour établir une relation privilégiée avec les select shops les plus réputées du pays dont la grande exigence et le très grand professionnalisme font encore progresser la marque VETRA.

 

Nos agents et nos clients au Japon, connaissant parfaitement la spécificité du vêtement de travail français, son importance dans l’histoire du vêtement, en parallèle au workwear américain, ont su, en collaboration avec leurs clients, faire ressortir la quintessence du caractère iconique de la marque et de ses produits. Les vêtements de travail VETRA, fabriqués en France, ont été réinterprétés tout en conservant leur authenticité. Les consommateurs urbains japonais très sensibles à ces produits de qualité faits pour être portés tous les jours en adéquation avec le monde d’aujourd’hui, ont fait le succès de la marque.

 

 

La dynamique est freinée au milieu des années 2000 par la disparition de nombreux fournisseurs tissus en Europe et surtout par la chute très brutale du yen par rapport à l’euro qui perd 20% en deux ans, renchérissant dramatiquement les produits fabriqués en France.

 

 

Depuis les années 2010, la marque VETRA continue à explorer de nouveaux territoires et se réinvente à travers le prisme d’une nouvelle génération. Fidèle à ses valeurs et ses racines, elle fabrique des vêtements authentiques en France et elle est présente maintenant dans une douzaine de pays à travers le monde.